Examen des yeux, Côte d'Ivoire

VISION 2020 : quels sont les résultats ?

Évaluation des résultats de l’initiative « VISION 2020 : le droit à la vue » jusqu’à présent, et bilan de ce qui reste à faire. Cet article est adapté de : Ackland, P. Ten years to VISION 2020 : how are we doing ? Comm Eye Health Vol. 23 No. 74 2010 pp 54 - 55.

Un bon début

L’initiative mondiale VISION 2020 a été lancée en 1999 avec l’objectif d’éliminer la cécité évitable d’ici 2020. La réussite de VISION 2020 doit être jugée en fonction de son impact et de la réduction des niveaux de cécité évitable dans le monde. Les données récentes sur la prévalence mondiale de la cécité et de la déficience visuelle suggèrent une baisse d’environ 10 % du nombre global de personnes aveugles ou présentant une déficience visuelle, ce qui correspond à une baisse de près de 29 millions de personnes. Selon les estimations, le nombre de personnes aveugles a diminué, passant de 45 à 39,8 millions. Durant la même période, le nombre des personnes âgées de 50 ans et plus a connu une augmentation de 18 % à l’échelle mondiale. Ces chiffres, s’ils sont confirmés, offrent donc quelques raisons de se montrer optimiste.

Intensification et adoption de nouvelles strategies

Cependant, il reste encore beaucoup à faire si nous voulons atteindre notre objectif global. Pour progresser, il va nous falloir tirer parti des succès existants et « intensifier » ce qui se fait aujourd’hui en passant de simples projets à des programmes nationaux complets. Il nous faudra également adopter de nouvelles stratégies là où les progrès se sont avérés plus lents que prévu.

En ce qui concerne VISION 2020, il est notamment évident qu’il nous faudra porter une attention particulière à l’augmentation des ressources financières disponibles pour mettre en œuvre des plans nationaux et proposer des prestations de soins oculaires équitables et de bonne qualité aux communautés les plus démunies. Cela va nécessiter un travail de plaidoyer important, pour influencer et faire évoluer l’opinion des décideurs du monde entier, qui pour la plupart considèrent actuellement la cécité comme un problème de faible priorité.

Mais même si nous parvenions à obtenir plus de fonds, les pays auraient-ils la capacité à utiliser ces fonds pour proposer les services de soins oculaires qui font actuellement cruellement défaut ? Malheureusement, dans de nombreux pays, la réponse à cette question est non, en raison de la pénurie chronique de professionnels des soins oculaires. Le développement des ressources humaines en soins oculaires doit donc faire l’objet d’une attention encore plus importante durant la deuxième décennie de VISION 2020. La formation représente un aspect majeur de ce développement des ressources humaines, mais elle n’est qu’une partie d’un puzzle complexe qui inclut des questions politiques plus larges, comme la rétention et la motivation du personnel, le déploiement dans les zones rurales, la fuite des cerveaux vers les pays à revenu élevé et/ou vers des cabinets privés, entre autres.

La création d’une demande en soins oculaires de la part de l’usager constitue un autre point important à considérer. En effet, on peut se demander pourquoi un nombre si élevé de personnes se tournent vers des traitements traditionnels plutôt que de faire appel aux unités de soins oculaires dont l’initiative VISION 2020 a si activement fait la promotion. Il est impératif de porter une attention encore plus soutenue à la qualité et à l’accès aux soins que précédemment. Par exemple, la qualité du résultat des opérations de la cataracte et du trichiasis est inacceptable dans de nombreux pays, et les standards chirurgicaux doivent donc être améliorés.

Nous devons aussi rechercher des opportunités de promouvoir VISION 2020 dans le secteur du développement sanitaire au sens large. Cela nécessite de notre part d’établir de nouveaux partenariats en sortant de la « zone de confort » que constitue notre propre cœur de métier.

Tout ceci peut nous sembler quelque peu intimidant, mais il ne faut pas oublier que VISION 2020 a réalisé nombre d’innovations et de progrès. Nous avons donc beaucoup de contributions à apporter au secteur du développement sanitaire, et nos homologues dans ce secteur ont autant à apprendre de nous que nous-mêmes pouvons apprendre d’eux.

Réflexion et discussion

Pensez-vous que l’initiative « VISION 2020 : le droit à la vue » a eu un impact ? Si c’est le cas, de quelles façons cet impact s’est-il fait sentir ? Selon vous, parmi les stratégies suggérées dans cet article pour « intensifier » l’initiative, lesquelles seraient les plus efficaces dans un un contexte local ?

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This article is from the free online course:

La Cécité dans le Monde: Planifier et Gérer les Services de Soins Oculaires

London School of Hygiene & Tropical Medicine