Floue sur l’écriture sur une salle de classe tableau montre comment les pauvres vision peut affecter l’apprentissage à l’école.
Vue de l’enfant d’écrire sur le tableau de la salle de classe avec (à droite) et sans lunettes (à gauche).

Aider les enfants à accepter leurs lunettes

Un des problèmes majeurs chez les enfants à qui on prescrit des lunettes est qu’ils ne les portent pas systématiquement. Les soins qui leurs sont offerts ne leurs profitent donc pas. Des études ont montré que, tous contextes confondus, le taux de personnes qui portent effectivement leurs lunettes est souvent inférieur à 50 %. Voici quelques exemples de raisons qui poussent les enfants à ne pas porter leurs lunettes :

  1. Ils sont brutalisés ou moqués à cause de leurs lunettes

  2. Les parents désapprouvent le port de lunettes

  3. Les parents ont peur que porter des lunettes fragilise les yeux de leurs enfants

  4. Les parents n’achètent pas les lunettes

  5. Le corps enseignant n’encourage pas les enfants à porter leurs lunettes

  6. L’enfant n’aime pas ses lunettes ou les trouve inconfortables

  7. L’enfant ne voit pas l’intérêt de porter des lunettes

Il existe des façons concrètes d’aider les enfants à accepter leurs lunettes et de les encourager à les porter :

  • Les raisons susmentionnées 1 à 5 peuvent être contrées en informant tous les enseignants, parents et enfants, qu’ils aient ou non besoin de lunettes.

  • La raison 6 peut être éliminée en s’assurant que les enfants choisissent les montures qu’ils préfèrent parmi plusieurs couleurs et formes populaires auprès des écoliers de la région du programme et en vérifiant que les montures sont ajustées à leur morphologie.

  • La raison 7 est liée à la prescription.

Conseils en matière de prescription

Les recommandations suivantes sont basées sur celles d’un essai clinique randomisé récent et devraient permettre d’éviter les prescriptions inutiles de lunettes (qui ne seront pas portées) dans les zones où les ressources sont limitées. Gardez à l’esprit que cette approche ne doit pas supplanter les besoins individuels de chaque enfant.

Remarque : Ces recommandations concernent les enfants avec une acuité visuelle (AV) < 6/9 (Snellen).

Un dispositif de correction de la myopie doit être prescrit si : les verres concaves améliorent l’AV du meilleur œil ou des deux yeux testés ensemble d’au moins 2 lignes sur l’échelle logMAR (ou de Snellen).

Un dispositif de correction de l’hypermétropie doit être prescrit si :

  • les verres convexes améliorent l’AV du meilleur œil ou des deux yeux testés ensemble d’au moins 2 lignes sur l’échelle logMAR (ou de Snellen) ou améliorent sensiblement le confort oculaire à la lecture.

  • l’enfant souffre d’amblyopie et son âge (moins de 6 ans, dans l’idéal) suggère qu’un traitement est possible. L’amblyopie est un trouble qui survient lorsque l’axe de vision ne se développe pas correctement au niveau du cerveau. On l’appelle parfois « œil paresseux ».

  • l’enfant souffre d’ésotropie ou d’une importante ésophorie (strabisme) mais a des chances de recouvrer une vision stéréoscopique normale.

Un dispositif de correction de l’astigmatisme doit être prescrit si :

  • les verres cylindriques améliorent l’AV du meilleur œil ou des deux yeux testés ensemble d’au moins 2 lignes sur l’échelle logMAR (ou de Snellen) ou améliorent sensiblement le confort oculaire.

  • l’enfant souffre d’amblyopie et son âge suggère qu’un traitement est possible.

Un dispositif de correction de l’anisométropie doit être prescrit si : l’anisométropie est forte, c’est-à-dire supérieure ou égale à 1 dioptrie (1 D) et au moins une des conditions suivantes s’applique :

  • des verres à la bonne correction améliorent l’acuité de l’œil le plus affecté d’au moins 2 lignes sur l’échelle logMAR ;

  • le confort oculaire est grandement amélioré ;

  • l’enfant souffre d’amblyopie et son âge suggère qu’un traitement est possible.

Conclusion

Un nombre croissant d’éléments tendent à démontrer que si la majorité des enfants voient mieux avec que sans lunettes, ils seront plus nombreux à en porter. Dans l’idéal, un échantillon d’enfants qui refusent de porter leurs lunettes devraient être interrogés pour comprendre les causes de ce blocage et mettre en place des mesures correctives. Un indicateur de réussite important pour toute école participant au programme de santé oculaire est la proportion d’enfants qui portent réellement les lunettes qu’on leur a prescrites. Mesurer uniquement le nombre de paires de lunettes distribuées n’est pas suffisant.

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La Cécité dans le Monde: Planifier et Gérer les Services de Soins Oculaires

London School of Hygiene & Tropical Medicine