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Identifier les risques : les drogues et leurs contextes

Dans cet article, vous allez découvrir la notion de risques contextuels ou liés aux drogues.
© London School of Hygiene & Tropical Medicine

Comme nous l’a dit le Dr Magdalena Harris (étape 1.14), les risques pour la santé liés à l’usage de drogues prennent forment dans les « contextes » et les « environnements » dans lesquels la consommation se déroule. Elle a introduit deux façons de penser les drogues et leurs contextes. Résumons-les ici.

Drug, Set and Setting

D’abord, elle reprend le travail du psychiatre Norman Zinberg, qui établit une distinction entre le « produit » (drug), « l’état d’esprit » (set) et « l’environnement » (setting). Ce travail a mis en évidence l’importance de la façon dont l’« environnement » (setting) influence les croyances et les attentes des personnes au regard des drogues et de leurs effets (« set ») en plus des propriétés de la drogue (« drug ») elle-même.

Pouvez-vous penser à un exemple où l’« environnement » pourrait influencer les attentes des personnes vis-à-vis des drogues, la façon dont elles pourraient être consommées et leurs effets ?

Tout usage de drogues est, d’une manière ou d’une autre, « contextuel ». L’usage de drogues à des fins récréatives en est un exemple clair. La consommation et les effets qui en découlent sont grandement liés au contexte social des consommateurs.

Nous pouvons penser à l’« environnement » de différentes manières. Selon vous, quels différents types de contextes pourraient grandement influencer la façon dont les drogues sont consommées et les risques liés à l’usage de drogues ?

Cela nous amène à une deuxième façon de penser les drogues et leurs contextes, également évoquée par le Dr Magdalena Harris. Selon le concept d’« environnement à risque ».

L’environnement à risque

Le « cadre de l’environnement à risquev» a été introduit par le professeur Tim Rhodes, en 2002, en tant qu’approche de réduction des risques tenant compte de l’importance du contexte et de l’environnement.

Le cadre de l’environnement à risque nous aide à réfléchir à la façon dont les risques liés aux drogues sont influencés par les environnements, dont :

  • l’environnement physique, comme la zone géographie et les espaces de consommation ;
  • l’environnement politique, comme les lois sur les drogues, l’accès aux soins et les droits humains ;
  • l’environnement social, comme la stigmatisation, les médias, l’attitude de la communauté ;
  • l’environnement économique, comme la pauvreté et les opportunités de revenu.

Pouvez-vous penser à différentes manières dont chacune de ces formes d’environnement – physique, politique, social et économique – pourrait entraîner des risques liés aux drogues ? Et quelles pourraient être les interventions de réduction des risques pour y répondre ?

Prenons l’exemple de l’environnement physique. L’environnement physique peut avoir un impact sur les risques liés aux drogues de plusieurs façons. Nous pourrions penser aux prisons et à la façon dont celles-ci peuvent produire des situations à risque lorsque l’accès au matériel d’injection n’est plus possible. Ou encore à la rue ou aux lieux publics, où les personnes qui y consomment des drogues, de crainte d’être arrêtées par la police, le font plus vite et sans précautions.

Cela nous aide à imaginer ce que pourraient être les interventions de réduction des risques « fondées sur le contexte ». Par exemple, dans le cas des prisons, quelles interventions pourrions-nous développer pour créer des milieux carcéraux plus sûrs ? Et, concernant les lieux de consommation, comment pourrions-nous les rendre plus sûrs ?

Le cadre de l’environnement à risque est décrit ici. Vous pouvez également le télécharger en bas de cette page.

Tout au long du cours, vous entendrez divers exemples d’interventions cherchant à créer des « environnements favorables » à la réduction des risques par un changement politique, légal, social, communautaire et économique. Le point essentiel est que les risques et dommages liés à l’usage de drogues peuvent être moins liés à la drogue elle-même, à la personne qui la prend ou à ses croyances et attentes, qu’au contexte et à l’environnement. Nous devons donc orienter nos actions de réduction des risques en vue de changer ou de modifier l’environnement.

Un exercice à partir de photos

Pour explorer ces notions d’environnement à risque, attardons-nous un peu plus sur l’exemple de l’environnement physique et, plus particulièrement, sur les lieux publics ou semi-publics où l’injection de drogues peut avoir lieu. Nous allons regarder trois photographies.

Notre première image est une photo déjà publiée du regretté photographe de documentaire social John Ranard. On y voit un lieu en extérieur, près d’Odessa, en Ukraine, où les personnes se rassemblent pour acheter et consommer des drogues. Là-bas, la plupart des personnes consomment un genre d’opiacé liquide fait maison, extrait de la paille de pavot, et beaucoup, à l’époque, recevaient leur dose directement dans leur seringue à partir de celle du dealer. Il n’y a ni seringues ni eau stérile sur ce site. Les gens doivent acheter, recevoir et consommer leurs drogues rapidement car l’endroit est fortement surveillé par la milice.

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D’après vous, à quels risques pourriez-vous être confronté si vous vous trouviez dans un tel contexte ?

Notre deuxième image est également une photo déjà publiée de John Ranard. Elle montre le même lieu de consommation de drogues. Que remarquez-vous sur la photo ?

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Sur la photo, vous pouvez voir une personne uriner dans une seringue usagée dans le but de la nettoyer en l’absence de matériel ou d’eau propres disponibles. À gauche se trouve une travailleuse de rue qui vient sur le site pour distribuer des seringues dans le cadre d’une intervention de réduction des risques.

À l’aide du cadre « environnement à risque », qu’est-ce qui, selon vous, pourrait être fait pour contribuer à rendre cet environnement plus sûr ? Des choses pratiques peuvent être faites immédiatement, telles que la distribution de matériel d’injection propre, mais aussi d’eau stérile, que les gens pourraient utiliser pour garder leur matériel d’injection le plus propre possible. Mais une difficulté majeure de cet environnement est que les personnes achètent leur produit déjà mélangé et le reçoivent d’une autre seringue, qui plus est dans un contexte de forte présence de milices locales. Il est très difficile de contrôler les risques potentiels d’infection transmissible par le sang dans le cas de partage indirect du matériel (voir la photo suivante).

photo2 Notre troisième image est une photographie prise sur un terrain de recherche à Londres (Royaume-Uni) dans le cadre d’un projet mené par le professeur Tim Rhodes. Cette image représente une pratique connue sous le nom de front loading (« chargement frontal »), où l’aiguille d’une seringue est retirée afin que cette dernière puisse recevoir le produit déjà mélangé (ici l’héroïne) d’une autre seringue. Cela permet au produit d’être réparti équitablement et rapidement, mais, comme cela a été indiqué ci-dessus, cela augmente les risques de transmission virale, notamment de l’hépatite C.

Facultatif

Si vous souhaitez approfondir la question de l’environnement à risque, et des exemples de son lien à la réduction des risques, il existe plusieurs articles parus dans l’International Journal of Drug Policy, écrits notamment par Tim Rhodes (2002, 2009), mais aussi par d’autres, par exemple sur les risques d’overdoses d’opiacés liés à l’environnement (Cooper et al., 2020 ; Kolak et al., 2020 ; Fadanelli et al., 2020 ; Green et al., 2009), l’accès à la réduction des risques en Iran (Bastini et al. , 2018), le dopage dans le sport (Henning et al., 2020), l’usage de drogues de synthèse (Elliott et al., 2018) et le trafic de drogue (Fitzgerald, 2009).

© London School of Hygiene & Tropical Medicine
This article is from the free online

Usage de drogues et réduction des risques

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