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Dysbiose et hyperperméabilité intestinale

Les concepts de dysbiose et d’hyperperméabilité intestinale (intestin qui fuit) seront présentés
An altered equilibrium of the gut microbiota can result in dysbiosis
© Université de Turin

La muqueuse intestinale est une entité hétérogène composée principalement de couches uniques, très serrées, de cellules épithéliales, qui la couvrent en ses surface externes et interagissent avec l’environnement qui l’entoure.

La sécrétion de diverses molécules dans la lumière renforce la fonction barrière du côté extra-épithélial, tandis qu’une variété de cellules immunitaires offrent une protection supplémentaire sous la couche épithéliale. Le mucus forme une couche qui sépare la masse du contenu luminal de l’épithélium intestinal et empêche l’adhésion de bactéries. La muqueuse intestinale représente une énorme interface (200 m2) qui assure un confinement adéquat du contenu indésirable dans la lumière (micro-organismes pathogènes, toxines, polluants) à l’intérieur de l’intestin, tout en préservant la capacité d’absorption des nutriments.

La perméabilité intestinale, associée au traitement par les entérocytes des toxines ou d’autres substances étrangères (antigènes) dans la lumière, régule le trafic des molécules entre la lumière intestinale et la sous-muqueuse, conduisant aux réponses de l’organisme contre les antigènes non autologues (étrangers). Les jonctions serrées intercellulaires régulent étroitement le trafic d’antigènes.

Les jonctions serrées sont des structures extrêmement dynamiques qui interviennent dans plusieurs fonctions clés de l’épithélium intestinal, à la fois dans des circonstances physiologiques et dans des circonstances pathologiques. Plus de 150 protéines font partie de ces structures ; la zonuline est une protéine qui joue un rôle clé dans la modulation des jonctions serrées, en augmentant la perméabilité intestinale.

La dysbiose intestinale (voir les étapes précédentes) provoque la production inappropriée d’une quantité accrue de zonuline, qui se traduit alors par une perte de la fonction de barrière intestinale et entraîne le passage du contenu de la lumière à travers la barrière épithéliale. Cela peut provoquer la libération de molécules pro-inflammatoires qui, elles-mêmes, provoquent une perméabilité accrue. Il s’établit alors un cercle vicieux conduisant à un afflux massif d’antigènes alimentaires et microbiens.

Le concept « d’intestin qui fuit » est basé sur la translocation de bactéries entières, de produits bactériens et de composants de la paroi bactérienne dans la circulation et les tissus éloignés, ce qui contribue à des lésions d’organes éloignés.

Certes la translocation bactérienne est un processus physiologique, crucial pour le développement de l’immunité de l’hôte, mais dans le cas d’un intestin qui fuit, une « translocation pathologique » se produit, avec de nombreuses possible conséquences néfastes pour la santé humaine si ce phénomène se répète à plusieurs reprises.

Plus spécifiquement, la translocation bactérienne pathologique et la libération de molécules pro-inflammatoires sont deux phénomènes associés à l’apparition de nombreuses maladies chroniques, telles que l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires, gastro-intestinales et neurologiques, et les cancers. Cependant, à la différence des modèles animaux, les études humaines menées chez l’homme n’ont pas encore permis de définir complètement le rôle des interactions organes-bactéries.

À l’heure actuelle, les données chez l’homme qui sont disponibles doivent être considérées comme génératrices d’hypothèses. L’intestin qui fuit peut être une cause ou un effet de la maladie, et un microbiote conduisant à des conséquences inflammatoires ou autres ayant un impact sur la maladie peut être soit normal, soit dysbiotique.

Par conséquent, le rôle de la fonction de barrière intestinale est important, mais il y a beaucoup de questions non élucidées car il n’y a pas encore de traitements médicamenteux validés, et car l’impact de la restauration de la fonction de barrière pour améliorer la santé dans les maladies n’est pas encore prouvé.

© Université de Turin
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Le microbiome humain

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